La vague de faillites des hedge funds se propage
Ceux finalement où l’impact de la crise est le plus grand. Parmi les dernières victimes, un hedge fund de Carlyle début août, les fonds Turnberry Capital Management, Andor Capital, Ospraie Fund… En Espagne, Barclays a annoncé la liquidation de son fonds de hedge funds Alpha Selection par manque de souscriptions, tandis que Santander doit également fermer deux fonds alternatifs et deux fonds de fonds alternatifs. La banque espagnole a même décidé de déléguer définitivement la gestion alternative à sa filiale Optimal. Il faut dire que chacun de ces fonds a vu ses actifs fondre comme neige au soleil. « Depuis l’été 2007, plus de 100 fonds ont disparu. Et il ne s’agit pas de petites structures comme on a l’habitude de le voir, mais de fonds établis de plusieurs centaines de millions de dollars sous gestion, remarque Alessandro Mauceri, directeur de CMA à Genève.
C’est un phénomène assez unique, il faut remonter à 1999 et au scandale LTCM pour rencontrer une période équivalente. » Les dernières statistiques sont relativement éloquentes : Moody’s estime par exemple que le taux de faillite des hedge funds aux Etats-Unis passera de 5,7 % cette année à 7,2 % l’an prochain. En Europe, il doublerait de 2,5 % à 4,6 %. Elagage du marché Premier élément d’explication : la croissance fulgurante du nombre de fonds alternatifs .
D’un millier environ en 2000, ils sont estimés aujourd’hui à une dizaine de milliers. Et la plus grande partie d’entre eux sont situés aux Etats-Unis et à Londres. « Après une période de très forte croissance, il est normal que l’on passe par une phase plus sélective », estime Arié Assayag, responsable mondial du département Hedge funds chez SGAM AI. Une hypothèse confirmée par Alessandro Mauceri : « Entre 2002 et 2007, attirés par un secteur qui a enregistré un important afflux d’argent, beaucoup de gestionnaires ‘long only’ sont devenus gérants de hedge funds sans vraiment savoir maîtriser la vente à découvert et les effets de levier. Ils sont aujourd’hui les premiers touchés. »Au départ, les fonds les plus impactés par la crise étaient ceux investis sur les titres de dérivés de crédits devenus illiquides. Mais durant l’été, une nouvelle catégorie de hedge funds, cette fois investis sur les actions, a été touchée. Début juillet, un grand nombre de gérants étaient acheteurs des secteurs matières premières et énergie, et vendeurs des secteurs financiers. Ils ont été pris au piège par le reflux des prix du pétrole le même mois et l’important rebond des valeurs financières après le sauvetage de Freddie Mac et Fannie Mae.