Tout le monde se demande quel est la finalité de la spéculation. On se demande :
Est ce vraiment moral que des gens puissent vivre de la manipulation des chiffres ?
Généralement la spéculation a mauvaise presse. Elle est accusé de tout les maux. Et cela ne date pas d’hier. Depuis que les marchés financiers existent, le bon peuple, n’a cesser de pointer du doigt cette activité improductive, parasite par laquel les nanties, ou les accapareurs, sont aussi responsable de “La vie chère”, c’est a dire, l’inflation des prix.
Je pense qu’il faut sortir des visions simplistes et avoir une vision claire et précise de cette activité. De nombreux économistes se sont pencher sur ce problème et il en a résulter de nombreuses analyses contradictoires. Je vais donc vous révéler les grandes lignes de l’état de la connaissance actuelle de la spéculation, puis je vous donnerais mon opinion.
Quels que soit les études, tous s’accordent pour reconnaitre au moins un mérite à la spéculation : Elle fludifie le marché par l’apport de liquidité qu’elle permet. En effet, la liquidité du marché est d’autant plus importante que les volumes traités et le nombre de transactions sont grands. Dans ce sens, la spéculation est perçu, comme une activité indispensable. En son absence, les activités de couverture réalisées par ceux qui souhaitent se couvrir contre un risque, les “Hedgers” seraient rendues plus difficiles et plus coûteuses. La spéculation est donc indispensable par l’apport de liquidité.
L’arbitrage est aussi un des éléments “positifs” de la spéculation car cela consiste à la réduction des distorsions de prix qui peuvent apparaître momentanément sur les marchés. Quand un arbitrage est ouvert, ces opérateurs, dont l’objectif est le gain financier, vont en tirer profit tant qu’il existe.
Mais le sujet le plus polémique est celui du rôle plus ou moins stabilisant ou déstabilisant de la spéculation. Certains auteurs affirment qu’elle a des effets stabilisants, d’autres pensent qu’elle est déstabilisante.
Le monétariste Milton Friedman estime que les spéculateurs gagnent sur les marchés seulement s’ils achètent lorsque les prix sont bas (En conséquence ils font monter les cours et contribuent à leur stabilité) et vendent quand les prix sont au plus haut (Ce qui fait baisser les cours et joue un rôle stabilisateur). Les spéculateurs peuvent se tromper et agir à contretemps, mais ils ne peuvent le faire constamment sinon ils seraient rapidement ruinés et évincés du marché. Seuls survivent les spéculateurs dont les interventions sont en moyenne stabilisantes, c’est-à-dire les spéculateurs avisés.
Pour l’économiste Nicholas Kaldor, créateur entre autres du “Carré Magique” ou “Diagramme de Kaldor”, il existe deux type de spéculateurs : Les professionnels et les amateurs. les professionnels, en petit nombre, qui representent aussi les positions les plus importantes, agissent de façon stabilisante. Les amateurs, eux, beaucoup plus nombreux et mal informés, interviennent avec retard en achetant au plus haut et en vendant au plus bas. Ils agissent de façon déstabilisante et sont finalement évincés du marché. Malheureusement ils sont vite remplacés par de nouveaux amateurs. Mais Kaldor conclut qu’il ne faut pas accorder trop d’importance aux amateurs, puisque les professionnels demeurent ceux qui dominent le marché.
Pour ma part j’ai une vision différente : Je pense que la spéculation est déstabilisante. Je m’explique. Friedman pose selon moi un mauvais postulat de départ en considérant toute activité spéculative comme stabilisante. Selon mon expérience, les spéculateurs n’achètent pas lorsque les prix sont bas, ils achètent seulement lorsqu’il y a une tendance, c’est à dire quand les cours montent. Et il vendent dans les tendances baissières, c’est à dire lorsque les cours baissent. Dans ces deux cas, le spéculateur n’intervient pas comme régulateur, mais au contraire comme un renforcement de la tendance. En d’autres termes, c’est la spéculation qui accentue les hausses et les baisses de prix, provoquant, de fait une instabilité accrue et une volatilité exacerbé. La preuve la plus flagrante de cette thèse est l’existance de Kracks et de bulles spéculatives qui sont les expressions les plus significatives de l’effet déstabilisant de la spéculation.
Pour finir, je tiens à nuancer mes propos. En effet, il existe de multiples formes de spéculation et il ne faudrait pas toutes les considérer sur le même pied d’égalité. Il y a la Titrisation, le Carry Trading, la gestion en Delta-Neutre etc… qui sont autant de formes de spéculations modernes qu’elles ont de conséquences diverses sur la stabilité des prix.